Biographie

Bio des décennies

EAriane_Racineurope de l’Ouest, Suisse, années 60 : Ariane Racine naît à Berne. La 2 CV familiale ronronne, les champs de l’Emmental moutonnent, le poulet s’achète rôti et les soldats gardent la paix. Français, allemand. L’Italie. L’école. La musique.

Canton de Neuchâtel, années 70 : village, forêt. Transistor, voix du monde. École en ville : latin, ossature ; anglais, déferlante. La guerre au Vietnam, au Liban. Les dictatures existent. Les femmes votent, c’est nouveau. La France. Le théâtre.

Années 80, vivre en Italie, étudier en Helvétie, apprentissage d’un métier, journaliste. Le Mur de 1961 tombe, révolutions, naissance d’Albane Iris après un concert de Miles Davis. Amérique du Nord, Allemagne, Belgique, Japon.

Années 90, médias, mariage, vie de famille, politique de quartier, chronique sur l’éducation, portraits, chant. Donner la parole, partager les savoirs, relier. L’Ecosse.

Années 2000 : nous et les autres, retour à la Nature, compagnonnage avec La Salamandre, enseignement engagé. Les voix des contes, atelier Gougaud à Paris, écritures, expérience Labolaby. Solidarités à la vie à la mort.

Années 2010 : apprentissage avec Henri Gougaud, premières contades, clown. Écrire, publier. Chant avec Edmée Fleury.  Voyages à Istanbul, désert du Sahara. Le Pass’contes avec Robert Bouvier et le Théâtre du Passage. Au programme du Crochetan Mobile avec le Théâtre du Crochetan de Monthey, immobilité. Dès 2016 au coeur de la Ruche, avec l’école de théâtre des amatrices et amateurs du TKM d’Omar Porras, effervescence. Conteuse toujours. Ateliers de contes en Suisse romande. Entrée chez les maîtresses & maîtres de La Fabrik, l’école de Benjamin Cuche. Rentrée 2017: engagement comme constructrice d’arcs-en-scène au Théâtre du Passage à Neuchâtel. Soirées de contes, ateliers pour raconter. Et la vie va, e viva !

 

Ariane Racine est douée d’une qualité rare et paradoxale en ce qu’elle allie deux apparents contraires : La force rayonnante d’une de ces conteuses paysannes qui faisaient les beaux soirs d’hiver, dans le jadis des contes, et une hauteur de langue, une tenue expressive tant savoureuse qu’aristocratique.
Définir en deux mots cette qualité double ? Une noblesse familière. Voilà. Ariane est une conteuse d’une noblesse familière, et on n’en trouve pas beaucoup de cette sorte.

Henri Gougaud, avril 2014

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Biographie classique

Ariane Racine naît le 8 janvier 1961  à Berne. Une famille à histoires. Les Racine et, côté maternel, les Blaser, les Ceriani, les Kuratle, sont descendants de paysans sans terre, d’artisans et d’ouvriers, sans oublier la colporteuse transalpine, l’instituteur tyrannique du Toggenburg, le disparu des Amériques, les réfugiés huguenots. On y parle français, des dialectes alémaniques, allemand, tout en cultivant une puissante nostalgie pour l’Italie d’un aïeul tailleur de pierre et compagnon. Passion commune : la musique. Valeur commune : la modestie travailleuse pour tous, pour les femmes, la couture, et pour les hommes, le vin. Bête noire : les Rouges.

Adieu Berne, bonjour la Suisse romande. Enfance à la campagne et en forêt. La rencontre avec son grand-oncle Giovanni, brigadiste de la Guerre d’Espagne, vient élargir sa conscience politique. Départ pour l’Italie au début des années 80. Années d’études. Petits boulots à la ferme, à la vigne, à la fabrique, comme bonne d’enfants en Toscane, puis travail dans les bistrots et les écoles. Voyages en Europe.

Quoique agnostique, Ariane Racine envisage des études de théologie avant d’opter pour philosophie et littératures. Sa licence ès lettres en poche, elle se lance passionnément dans le journalisme, est la candidate suisse de la Bourse René Payot, est engagée au magazine L’Hebdo. Elle écrit, voit du pays, prend parti, anime des débats, fait de la radio. Vient le temps de vouloir “tout concilier“ : emploi, maternité, liberté, responsabilité, mariage, journalisme d’enquête, jardinage, voisinage, voyages, écriture. Après 14 années de presse, elle quitte (presque) le journalisme pour l’enseignement, persuadée qu’il n’y a pas de plus noble engagement. En cours d’emploi, études en anthropologie. Sur le chemin des news aux mythes en passant par les rites, elle rencontre les contes. Elle les reconnaît comme des familiers perdus de vue. Avec eux, un métier contemporain, engagé, artistique, se dessine : conteuse et artisane de l’écriture.

IMG_5982Quarante ans : elle devient rédactrice libre et conseillère éditoriale au magazine La Salamandre et pour d’autres publications. Ses Contes de la petite Salamandre écrits de 2003 à 2011 sous le pseudonyme Amélie Sandre sont publiés : plus de 6 000 exemplaires vendus.

Dès 2008, elle fréquente l’atelier d’Henri Gougaud à Paris. De 2008 à 2010, elle se consacre au projet Labolabylavie. 2011 : premiers contes en public. 2013 : publication de deux livres de contes, contades en Suisse et en France, textes consacrés à la domestication du loup, premier tour de contes De l’étincelle aux étoiles. 2014 : le Théâtre du Passage de Neuchâtel et Ariane Racine coproduisent le Pass’contes. Ateliers de contes pour adultes, par exemple avec des femmes migrantes. 2015 : premier festival, à Interlaken. Elle conte par les villages avec le Pass’contes. Elle travaille au projet Cuentos (écriture) et participe comme conteuse au programme Crochetan Mobile (2015-2016) avec le Théâtre du Crochetan de Monthey. Elle donne des cours et des ateliers en Suisse romande.

Dès la rentrée 2017, elle fait partie des enseignants de La Fabrik, école romande créée par Benjamin Cuche. Chargée de médiation culturelle au Théâtre du Passage (NE), elle oeuvre pour relier les publics, les artisan-e-s et les artistes. Elle poursuit son chemin de conteuse en Suisse et en France.

Ariane Racine vit à Neuchâtel, en Helvétie.

Lire le portrait d’Ariane Racine par Caroline Stevan paru dans Le Temps le 20 mars 2012