Le conte selon Alix Noble Burnand

Portrait d’Alix Noble Burnand écrit par Ariane Racine

Après un entretien téléphonique avec Alix Noble Burnand au début de  novembre 2013, Ariane Racine a écrit cet article à retrouver aussi sur le très riche site de la conteuse thanatologue.

Y pas d’mal à se faire une veillée !

Avec Alix Noble-Burnand, le conte revient à sa plus simple expression : la veillée. Pas la réunion mortelle entre gens bien, ni le par-coeur virtuose, ni le solo ripoliné sans fausses notes. La conteuse vaudoise vise la veillée qui réveille, qui réjouit, qui tisse des liens entre les gens, le passé, le présent. Bref, la veillée, comme on improvise du free jazz.

La soirée « En chair et en os » qu’elle donne le 28 novembre à Neuchâtel promet : cette femme possède une belle parole. De plus, elle aime se mettre à l’écoute du public, suivre sa trame librement et se laisser inspirer par l’instant. Alix Noble-Burnand revendique « comme signature, comme marque de fabrique » le label de « conteuse traditionnelle ».  Elle se passionne pour l’histoire de son métier, ses variantes locales, l’impact de l’arrivée du tourisme et de l’électricité sur les pratiques, les secrets  et les rites. Il se trouve qu’un des thèmes où le conte peut beaucoup, c’est la mort.

Après le tabou du sexe, celui de la mort

La mort se laisse-t-elle conter ? Sans aucun doute. Avec son vécu tout personnel, son expérience d’enseignante, son master en soins palliatifs et sciences de la mort, avec ses écrits aussi, Alix Noble-Burnand est connue en Suisse et jusque dans l’au – delà (ou presque), comme une spécialiste du deuil. Et les publics en redemandent. « Jamais, depuis 15 ans que je raconte autour de ce thème, je n’ai reçu autant d’invitations que cet automne. Le tabou de la mort tombe enfin comme avant lui le tabou du sexe et demain peut-être, celui des origines ou de la foi… » explique-t-elle. « Quand, en 1982, Bernard Crettaz, l’anthropologue avec qui j’ai beaucoup travaillé, a fondé sa société de thanatologie, on le traitait de fou ! ».

La veillée « En chair et en os » donne la parole aux quatre principales figures de la mort en Occident dont cette bringue de Grande Macabre aux allures de vampire en manque, très en vogue cette saison. Mais il n’y en aura pas que pour elle. Les trois autres sont aussi de sacrées faucheuses qui débarquent sans rendez-vous. Tout faux pas est fatal. Sauve qui peut et, justement, le conte peut beaucoup.

Ariane Racine

Neuchâtel, Le Salon, jeudi 28 novembre  à 20 heures : Alix Noble-Burnand, En chair et en os. Site : www.alixraconte.ch En fin de soirée, l’artiste dédicacera son dernier livre La mort tout conte fait. Soirée organisée par l’association Paroles.