Nativité à la Mat

RETOUR SUR UNE RENCONTRE AVEC T. BERRY BRAZELTON, PEDIATRE

Décembre, le mois des fêtes des lumières et des fêtes en mémoire de la naissance d’un enfant. Le moment est favorable pour redonner la parole à un pédiatre né au Texas en mai 1918, Thomas Berry Brazelton. J’ai retrouvé une photographie de ses débuts, une nativité années 50 dans une maternité du sud des Etats-Unis peut-être. Décors brand new et peu luxueux à en juger par le toit qui sert de plafond et qui sent plus le garage, l’aérodrome ou le campus que l’hôpital. Voilà pour la crèche.

Maintenant la scène. Je vois un enfant qui veut vivre puisqu’il se manifeste malgré un début de vie qui exige de l’aide technique. Je vois trois personnages bienveillants penchés sur lui, avec un quatrième, un homme jeune, qui se tient un peu en retrait. Les deux femmes sont en position de bonne fée soufflant leurs voeux, à moins que celle de droite ne soit la mère qui découvre lors de cette visite que son enfant va de mieux en mieux. A côté d’elle, l’homme jeune, est-ce le père ? Il y a de la métamorphose dans l’air, des liens qui se tissent, de la confiance qui revient. La femme de gauche, elle, est sans doute une médecin ou une sage femme. Elle devait être là à la naissance pour tirer ce bambin fragile vers l’air libre. Reste l’homme qui occupe le centre de la scène avec son hochet qui tinte au bout de la main pour allumer la curiosité de l’enfant. La présence du jouet abolit presque l’effet que nous font les seringues, surtout celle tout près du petit corps. L’homme au hochet royal, c’est sûr, c’est le pédiatre : Thomas Berry Brazelton.

Aujourd’hui. Thomas Berry Brazelton vit toujours. Il a atteint un grand âge. Cela signifie sans doute que cet homme sensuel a continué pendant toutes ces années à recevoir, dans ses vieux bras formant une corbeille, des nouveaux-nés. Le contact avec l’enfant tout neuf, l’échange de présence, de sons et de regards, c’est sa fontaine de jouvence. Il me l’avait dit avec force et je l’ai bien compris. Dans la vie, chaque occasion de saluer un nouveau-né et de tisser un échange avec celle ou avec celui qui vient d’arriver au monde est une chance à saisir.

Le contexte de l’entretien. Quand nous nous sommes rencontrés à Genève en 1998, ce vieux loup toujours bronzé avait 80 ans et une aisance étourdissante à parler, à bouger et à promouvoir ses certitudes de bébologue. Notre entretien était filmé par l’équipe du nouveau centre Brazelton de Genève et la présence de la caméra enchantait l’ancien professeur en médecine de Harvard. Moi moins, car Thomas Berry Brazelton répondait à mes questions de manière cabotine en fixant la caméra. Ses réponses me semblaient des slogans sortis tout droit de ses fameuses émissions télé de pédiatrie. Alors je l’ai un peu bousculé, utilisant mon anglais rouillé et des souvenirs personnels pour attirer son attention. Il a lâché quelques perles comme « Les enfants ont leurs ours consolateur, les bébés me font le même effet » ou « Le pédiatre doit dire aux parents que leur enfant est unique au monde ». Sur sa luxueuse cravate flottait un motif positivement banal, sorte de logo pour agence de voyage : de minuscules îles plantées de deux palmiers avec un petit soleil jaune. A la fin de notre rencontre, j’y voyais un symbole riche : deux parents isolés et leur enfant-soleil. Le charme brazeltonien avait opéré.

Pour en savoir plus :

www.brazelton-institute.com

 www.brazelton.ch

Ariane Racine, décembre 2011.RETOUR SUR UNE RENCONTRE AVEC T. BERRY BRAZELTON, PEDIATRE

Décembre, le mois des fêtes des lumières et des fêtes en mémoire de la naissance d’un enfant. Le moment est favorable pour redonner la parole à un pédiatre né au Texas en mai 1918, Thomas Berry Brazelton. J’ai retrouvé une photographie de ses débuts, une nativité années 50 dans une maternité du sud des Etats-Unis peut-être. Décors brand new et peu luxueux à en juger par le toit qui sert de plafond et qui sent plus le garage, l’aérodrome ou le campus que l’hôpital. Voilà pour la crèche.

Maintenant la scène. Je vois un enfant qui veut vivre puisqu’il se manifeste malgré un début de vie qui exige de l’aide technique. Je vois trois personnages bienveillants penchés sur lui, avec un quatrième, un homme jeune, qui se tient un peu en retrait. Les deux femmes sont en position de bonne fée soufflant leurs voeux, à moins que celle de droite ne soit la mère qui découvre lors de cette visite que son enfant va de mieux en mieux. A côté d’elle, l’homme jeune, est-ce le père ? Il y a de la métamorphose dans l’air, des liens qui se tissent, de la confiance qui revient. La femme de gauche, elle, est sans doute une médecin ou une sage femme. Elle devait être là à la naissance pour tirer ce bambin fragile vers l’air libre. Reste l’homme qui occupe le centre de la scène avec son hochet qui tinte au bout de la main pour allumer la curiosité de l’enfant. La présence du jouet abolit presque l’effet que nous font les seringues, surtout celle tout près du petit corps. L’homme au hochet royal, c’est sûr, c’est le pédiatre : Thomas Berry Brazelton.

Aujourd’hui. Thomas Berry Brazelton vit toujours. Il a atteint un grand âge. Cela signifie sans doute que cet homme sensuel a continué pendant toutes ces années à recevoir, dans ses vieux bras formant une corbeille, des nouveaux-nés. Le contact avec l’enfant tout neuf, l’échange de présence, de sons et de regards, c’est sa fontaine de jouvence. Il me l’avait dit avec force et je l’ai bien compris. Dans la vie, chaque occasion de saluer un nouveau-né et de tisser un échange avec celle ou avec celui qui vient d’arriver au monde est une chance à saisir.

Le contexte de l’entretien. Quand nous nous sommes rencontrés à Genève en 1998, ce vieux loup toujours bronzé avait 80 ans et une aisance étourdissante à parler, à bouger et à promouvoir ses certitudes de bébologue. Notre entretien était filmé par l’équipe du nouveau centre Brazelton de Genève et la présence de la caméra enchantait l’ancien professeur en médecine de Harvard. Moi moins, car Thomas Berry Brazelton répondait à mes questions de manière cabotine en fixant la caméra. Ses réponses me semblaient des slogans sortis tout droit de ses fameuses émissions télé de pédiatrie. Alors je l’ai un peu bousculé, utilisant mon anglais rouillé et des souvenirs personnels pour attirer son attention. Il a lâché quelques perles comme « Les enfants ont leurs ours consolateur, les bébés me font le même effet » ou « Le pédiatre doit dire aux parents que leur enfant est unique au monde ». Sur sa luxueuse cravate flottait un motif positivement banal, sorte de logo pour agence de voyage : de minuscules îles plantées de deux palmiers avec un petit soleil jaune. A la fin de notre rencontre, j’y voyais un symbole riche : deux parents isolés et leur enfant-soleil. Le charme brazeltonien avait opéré.

Pour en savoir plus :

www.brazelton-institute.com

 www.brazelton.ch

Ariane Racine, décembre 2011.RETOUR SUR UNE RENCONTRE AVEC T. BERRY BRAZELTON, PEDIATRE

Décembre, le mois des fêtes des lumières et des fêtes en mémoire de la naissance d’un enfant. Le moment est favorable pour redonner la parole à un pédiatre né au Texas en mai 1918, Thomas Berry Brazelton. J’ai retrouvé une photographie de ses débuts, une nativité années 50 dans une maternité du sud des Etats-Unis peut-être. Décors brand new et peu luxueux à en juger par le toit qui sert de plafond et qui sent plus le garage, l’aérodrome ou le campus que l’hôpital. Voilà pour la crèche.

Maintenant la scène. Je vois un enfant qui veut vivre puisqu’il se manifeste malgré un début de vie qui exige de l’aide technique. Je vois trois personnages bienveillants penchés sur lui, avec un quatrième, un homme jeune, qui se tient un peu en retrait. Les deux femmes sont en position de bonne fée soufflant leurs voeux, à moins que celle de droite ne soit la mère qui découvre lors de cette visite que son enfant va de mieux en mieux. A côté d’elle, l’homme jeune, est-ce le père ? Il y a de la métamorphose dans l’air, des liens qui se tissent, de la confiance qui revient. La femme de gauche, elle, est sans doute une médecin ou une sage femme. Elle devait être là à la naissance pour tirer ce bambin fragile vers l’air libre. Reste l’homme qui occupe le centre de la scène avec son hochet qui tinte au bout de la main pour allumer la curiosité de l’enfant. La présence du jouet abolit presque l’effet que nous font les seringues, surtout celle tout près du petit corps. L’homme au hochet royal, c’est sûr, c’est le pédiatre : Thomas Berry Brazelton.

Aujourd’hui. Thomas Berry Brazelton vit toujours. Il a atteint un grand âge. Cela signifie sans doute que cet homme sensuel a continué pendant toutes ces années à recevoir, dans ses vieux bras formant une corbeille, des nouveaux-nés. Le contact avec l’enfant tout neuf, l’échange de présence, de sons et de regards, c’est sa fontaine de jouvence. Il me l’avait dit avec force et je l’ai bien compris. Dans la vie, chaque occasion de saluer un nouveau-né et de tisser un échange avec celle ou avec celui qui vient d’arriver au monde est une chance à saisir.

Le contexte de l’entretien. Quand nous nous sommes rencontrés à Genève en 1998, ce vieux loup toujours bronzé avait 80 ans et une aisance étourdissante à parler, à bouger et à promouvoir ses certitudes de bébologue. Notre entretien était filmé par l’équipe du nouveau centre Brazelton de Genève et la présence de la caméra enchantait l’ancien professeur en médecine de Harvard. Moi moins, car Thomas Berry Brazelton répondait à mes questions de manière cabotine en fixant la caméra. Ses réponses me semblaient des slogans sortis tout droit de ses fameuses émissions télé de pédiatrie. Alors je l’ai un peu bousculé, utilisant mon anglais rouillé et des souvenirs personnels pour attirer son attention. Il a lâché quelques perles comme « Les enfants ont leurs ours consolateur, les bébés me font le même effet » ou « Le pédiatre doit dire aux parents que leur enfant est unique au monde ». Sur sa luxueuse cravate flottait un motif positivement banal, sorte de logo pour agence de voyage : de minuscules îles plantées de deux palmiers avec un petit soleil jaune. A la fin de notre rencontre, j’y voyais un symbole riche : deux parents isolés et leur enfant-soleil. Le charme brazeltonien avait opéré.

Pour en savoir plus :

www.brazelton-institute.com

 www.brazelton.ch

Ariane Racine, décembre 2011.