Parabla : nouvelles de l’ouest (I)

par Ariane Racine, printemps 2014

Chronique pour Parabla, le bulletin de la Société suisse du Conte

Bien le bonjour ! Cela fait quelque temps que vous êtes sans nouvelles de ce qui se passe dans la partie francophone de ce pays qui est le nôtre. Soyez rassuré-e-s : des femmes et des hommes racontent en Suisse romande, de plus en plus nombreux. Lieux, rendez-vous, accueils se multiplient. Moi qui suis conteuse, qui habite Neuchâtel et qui voyage grâce aux contes, je vous propose mes Nouvelles de l’ouest, chronique subjective et baladeuse qui commence dans ce numéro de Parabla, le bulletin de la Société Suisse du Conte.

JANVIER 2014. Le 1er, juste après minuit, dans une auberge provençale, j’embrasse plus de 7 conteurs et conteuses, signe de bonne année. Mi-janvier : avec mes voisins paysans Lucia et Kurt Gisler Illi (venus de Suisse centrale il y a 20 ans) nous organisons la dernière nuit des 4 saisons de contes à la ferme.L’Association Paroles dont je fais partie décide de lancer son second festival à Neuchâtel en 2015 : Paroles sous le Pommier aura lieu en mars. Je rends visite à Alix Noble, conteuse thanatologue vaudoise qui a formé tant de gens au conte en Romandie.

FÉVRIER. Hamed Bouzzine, conteur percussionniste d’origine touareg, m’explique la force du rythme dans l’art de conter. Avec Henri Gougaud et trois artistes de l’atelier de ce conteur écrivain, je participe à un cabaret de contes à Ivry, près de Paris. A Neuchâtel, j’entends Dominique Pasquier et ses légendes de la Gruyère. Je conte pour des adolescent-e-s de l’école de Corgémont.

MARS. Voyage à Istanbul. Je raconte à l’Institut français où j’apprends qu’en Turquie des femmes se servent du conte comme outil du changement et de l’enchantement. Zurich, soirée de la Société Suisse du Conte au Musée national : trois conteuses nous régalent (oui, je comprends les dialectes alémaniques) dont Silvia Studer-Frangi qui est aussi italophone, mais ce soir-là, le français est resté à l’ouest. Je visite l’exposition consacrée à feu Trudi Gerster. Dans une vidéo, la conteuse (1919-2013) déclare “ Märlitante ha i nid gern (…) “. Elle préfère “Märlifee oder Märlikönigin“. Les commentaires en français de cette expo sont médiocres. Un exemple ? “Märchenfee“ est traduit par “storyteller“ en anglais (ok, ok, ok!) et par “fée“ en français (aïe, aïe, aïe !). Le 15, en France, à Montreuil, je donne en public ma contade De l’étincelle aux étoiles. Neuchâtel. Sion : plaisir de suivre Ludovic Souliman, conteur cueilleur de récits de vie. Christine Métrailler et son collectif Label C prépare un festival Méditerranée au Val d’Hérens.

AVRIL, MAI : festival de Plan-les-Ouates (2 – 11 mai) près de Genève. Paroles organise le 10 à Neuchâtel le 3ème Conteurs Contest, joute réunissant des conteuses et conteurs de toute la Suisse romande. Fin mai, Jihad Darwiche, voix du Liban en France, anime un stage à Savagnier.

ÉTÉ: avec le Théâtre du Passage de Neuchâtel, je prépare le Pass’Contes : 12 mois, 12 soirs, 12 villages (à suivre). Enfin, nous avons toutes et tous rendez-vous dans un champ à Cucugnan (F) pour la nuit du conte (24 -25 juillet) qui durera jusqu’au lever du soleil. Vous venez aussi?

Ariane Racine